Page 5: Les morts

Le champ de bataille :

Après les combats et le départ des français, c’est l’heure de compter les morts et de soigner les blessés. Concernant les blessés français, certains resteront sans soins plusieurs jours. 
 
L’abbé Donis de Mettet parcourt le champ de bataille et est témoin d’un spectacle qu’il n’oubliera jamais :

 

«Et puis le champ de bataille ! C’était épouvantable. Une quantité de pauvres Français restaient sans soins. Je m’y rendis lundi c’était effrayant ! Du côté d’Oret, j’en rencontrais partout, et, personne, absolument personne ne s’en occupait. Je confessais, j’administrais, je crus pouvoir baptiser des Turcos. Les sœurs qui m’accompagnaient donnaient à boire et à manger.
 
Le soir j’eus à ce moment une vision d’enfer. On verra difficilement je pense, un spectacle pareil ; Biesme était tout en feu, Oret commençait. Du côté de Saint-Gérard, l’horizon était plein de rouge, tout rouge du reflet des incendies, j’entendais partout le gémissement des blessés, on trébuchait d’ailleurs à tout instant sur des cadavres d’hommes et de chevaux, et, dans le village, j’entendais le hurlement des bêtes fauves et de démons ; c’étaient les Allemands qui saccageaient, brisaient, détruisaient avec une rage infernale ».

Faire part de décès de l'abbé Donis décédé le 13 mars 1919

Extrait de la planche "28" de la lettre pastorale Patriotisme et Endurance, calligraphiée et enluminée par les sœurs bénédictines de Maredret en 1915 et 1916.

Cette enluminure, réalisée dans la clandestinité, représente l'abbé Donis secourant et donnant le baptème à des Tirailleurs Algériens 

Voir aussi: http://www.maredret.be/ilya100ans/ilya100ans.htm

 

Les victimes militaires :

Concernant la bataille de Charleroi:

Concernant les morts, il n’existe pas de chiffres officiels et précis des pertes lors des batailles du 21, 22, 23 et 24 août dans notre région, ni pour celle de Charleroi.
Concernant l’armée française, on considère les mois d’août et septembre 1914 comme les plus meurtriers de toute la guerre. Néanmoins, ce sera le mois d’août le plus sanglant de tous puisque l’on ne se battra qu’une quinzaine de jours ; les combats importants sur la Sambre ne commençant que le 21. 
Néanmoins, suivants des estimations, il est établi que le 22 août 1914 fut le jour le plus meurtrier de toute l’histoire militaire de France avec une estimation de 27.000 morts, 
Concernant la bataille dite de Charleroi, certains avancent le chiffre de 20.000 à 25.000 morts : soldats français, allemands, belges ainsi que les victimes civiles. 

Le général allemand von Bullow, commandant la 2e armée relate dans ses mémoires : 

« La 2e  armée perdit pendant les 2 jours de la bataille, en chiffres ronds,  11.000 tués ou blessés, parmi lesquels beaucoup d’officiers. Les pertes des Français peuvent être évaluées au double de ce chiffre. En outre, les 3 corps de l’aile gauche firent à eux seuls 4000 prisonniers, s’emparèrent de 5 drapeaux, 35 canons, 57 mitrailleuses, 6.600 fusils et 50 voitures ». 

Sachant les efforts que les Allemands ont accompli pour cacher leurs pertes, les chiffres énoncés par von Bullow doivent évidemment être interprétés avec beaucoup de réserve. 

Concernant les combats à Wagnée et Oret :

L'historique du 164e régiment d’infanterie hanovrien (39e  brigade, 20e division) donne quelques précisions concernant le journées du 23 et 24 août :

« Les deux jours suivants nous poursuivons l’ennemi en retraite en passant par Gougnies puis Oret par les hameaux de Gaÿ - Prée. Les pertes de ces 2 journées (23 et 24 août) : officiers : 1 tué et 8 blessés, soldats : 60 tués, 310 blessés et 310 disparus ».  

http://www.hamelner-geschichte.de/index.php?id=12

Concernant notre bataille de Wagnée, Sœur Elisabeth d’Oret relate ceci :

« Il y eut 1200 soldats tués à Oret, le plus grand nombre des Allemands ».

Ce chiffre est une approximation d’un témoin. Néanmoins Sœur Elisabeth contrairement à ceux qui voudrait édulcorer son témoignage, fut au centre des événements, pendant et  après la bataille. 

 

Concernant la bataille de Wagnée, les journaux de marche ou les historiques des régiments français avancent certains chiffres assez parcellaires :

Concernant la 37e division d’Afrique :

A la 74e brigade, qui fut face à l’ennemi lors de la bataille de Wagnée, mais aussi lors de l’évacuation du village d’Oret : le 3e zouave perd 17 officiers et 936 hommes tués, blessés ou disparus. (historique du régiment).
Côté tirailleurs algériens, le 24 au soir, à l’heure de faire les comptes des deux dernières journées, le régiment du 3e tirailleurs  déplore 6 officiers prisonniers, 6 blessés, 9 tués, 251 soldats morts au combat, 94 blessé et 803 prisonniers ou disparus (J-M 3RTA).
Concernant l’artillerie d’Afrique AD37,sur 500 hommes que compose l’artillerie divisionnaire du 37e, 73 hommes sont tués ou disparus, une soixantaine sont blessés. Le chef d’escadron Schwob est tué. De nombreux officiers sont blessés : le Colonel Battet, le chef d’escadron Favereau, 3 lieutenants et 1 sous-lieutenant. Au total, l’artillerie divisionnaire perd 1/3 de ses effectifs, 101chevaux, 9 canons et 24 caissons. (J-M AD37 ).
On peut avancer que la 74e a perdu entre Wagnée et Florennes1/4 à 1/3 de ses effectifs.

La 73e brigade située à l’Est, a moins souffert : lors des journées du 23 et 24 août, elle compte 42 tués, 231 blessés et 100 disparus.(J-M 73e division) des soldats de cette unité (2e zouaves) seront enterrés au cimetière de Maison. Des soldats français tombés à Stave furent aussi transférés sur dans la même nécropole. 

Concernant les 20e et 19e divisions :
De de la journée du 23, il n’y a pratiquement pas de chiffres.
Cependant, le journal de marche du 136e RI donne quelques renseignements : 17H45, environ 50 hommes mis hors de combat par des tirs d’artillerie française, ensuite des pertes par le 241e qui erronément tire sur les hommes du 136e.  Plus tard, lorsque les hommes de ce régiment réalisent une charge à la baïonnette, ils sont contrebattus par des soldats français qui leur tirent dans le dos. Ce feu leur cause des pertes sévères dont plusieurs officiers. Entre les soldats tués par des Allemands et ceux tués par l’artillerie et l’infanterie françaises, on comprendra que l’officier rédigeant le journal de marche ne tienne pas trop à donner de détails. Les soldats du 136e furent inhumés au cimetière de Wagnée, mais aussi dans celui de Maison. 
Le 25e RI indique dans son journal de marche qu’il y eut essentiellement des blessés, environ 60 et le capitaine Auzat tué. 

 

Soldats Algériens tué à Oret:

Quelques soldats Algériens tué à Oret

Cliquez sur l'image pour découvrir le diaporama


 

L’inhumation des soldats :

Sur Biesme et son hameau de Wagnée :

Dans les jours qui suivirent la bataille, sur le territoire de la commune de Biesme, on inhuma les corps des soldats dans une cinquantaine de fosses (59 tombes), dont la plus importante à l’ouest de Wagnée au lieu-dit « Campagne du Bouge » contiendra 48 Allemands 
L’identification des corps fut de la responsabilité des autorités militaires allemandes. Cependant, les listes des tombeaux et fosses communes furent envoyées aux administrations communales. Leur mise à jour tomba sous la responsabilité de ces dernières. 
Pour Biesme, un plan avec l’identification des fosses fut dressé et un relevé fut réalisé par Mr Berlier de Biesme recensant les victimes de l’ensemble de ces fosses : 285 Allemands et 170 Français. Le carnet Berlier était conservé il y a encore quelques années dans les archives communales de Biesme. 
La plupart des soldats sont des anonymes, seuls 19 soldats allemands sont identifiés nominativement. Le 16/12/1915, la liste dressée des tombes porte en note : « l’on ne possède aucun nom de soldat ». 
Avec les années, les tombes qui se trouvaient au beau milieu des champs ou des prairies n’étaient pas toujours respectées : ordre fut donc donné aux agriculteurs de les clôturer afin de les préserver de la charrue ou du bétail.  

Un premier cimetière militaire sera érigé dès 1915 au lieu-dit "la Culée" en l'honneur des soldats du 92e RI de Brunswick au départ des fosses communes numérotées 2a et 2b conenant (relevé Berlier). 

Le 02 septembre 1918, peu de temps avant l’armistice, aura lieu l’inauguration d'un deuxième cimetière militaire à Wagnée qui rassemblera tous les corps éparpillés dans la cinquantaine de fosses du territoire de Biesme.

Tableau des tombes et lieux-dits. Comme on peut le constater, Il reposaient sur le territoire de Biesme 285 allemands et 170 français :

Source: P Gérard

Sur le territoire d’Oret et Corroy,  

Tout de suite après la bataille, les nombreux soldats tués lors des combats furent inhumés là où ils étaient tombés : dans des champs, des prairies, parfois comme à Oret, ils y en eu tant que sur le conseil d’un major français, ils furent transportés et déposés dans une ancienne sablonnière qui fera fonction de fosse commune contenant près de 200 soldats.

Dans les jours qui suivirent la bataille, le spectacle horrible des cadavres des soldats et des chevaux, gonflés par la chaleur ainsi que l’odeur nauséabonde de ce charnier, restèrent longtemps dans la mémoire des habitants.
Le jeune André Bastin d’Oret fut réquisitionné avec un cheval et un chariot, par les allemands pour ensevelir les corps. Il se souvenait avec répugnance qu’il déchargeait du tombereau dans l’ancienne sablonnière, les cadavres grouillant déjà de vermines, à l’aide un « croc » (une fourche montée comme une houe)  ​

Un témoin écrira écrira :

« Toute la journée du mercredi 26 août fût employée à l’inhumation des morts.
Dans tous les coins, on retrouvait des cadavres : sur la place, à côté des ruines fumantes des maisons Dewez Adolphe et Hubert Denis (ruelle Cadet), aux Roquettes, sur le chemin du bois d’Halloy,  le long du mur du cimetière, dans les champs, au trou des Nutons. La lutte pour couvrir la retraite avait été chaude et meurtrière ».

 

Dans cette zone de combat, on retrouve essentiellement la trace de soldats français (254 corps découverts après la guerre lors de fouilles). 196 furent inhumés dans l’ancienne sablière Colin à la Couture, lieu-dit situé entre Corroy et le cimetière d’Oret. Une cinquantaine d’autres furent enterrés çà et là. Des croix furent placées en septembre et octobre 1914.

Un petit cimetière militaire sera réalisé le long de la route de Rouillon face au hameau de Corroy, à quelques dizaines de mètres de la sablière Colin.  Au pied d’un monument, on rassemblera les corps qui étaient inhumés dans des fosses éparpillées çà et là. 
Tout de suite après la guerre, l’autorité Française réalisa des fouilles. On exhuma 254 soldats dont  6 officiers. 196 corps furent exhumés dans la fosse commune de l’ancienne sablonnière. 

Reste un mystère : où sont les victimes allemandes ?
Les zouaves et les tirailleurs se retirèrent d’Oret en combattant ont reculé jusqu’au dernier moment en faisant feu sur l’ennemi. Les derniers officiers qui combattirent jusqu’à la mort le lundi 24 sont la preuve des combats sur le territoire du village d’Oret. 
D’autre se sacrifièrent comme tireurs embusqués et menèrent un combat de guérillas, comme en témoigne le récit d’Adolphe Denis :

« Lundi 24 août, quatre uhlans se montrèrent à Oret. Arrivés en bas de ma rue (ruelle Cadet), deux furent tués par un soldat français caché à cet endroit. 
Les Allemands me conduisirent à la fontaine du bas de la rue et me firent boire deux gobelets d’eau (les Allemands craignaient en permanence que l’eau des fontaines ne fut empoisonnée). A ce moment un français caché dans un four (une remise) en face de la fontaine abattit l’officier allemand qui voulait me faire boire une troisième fois. Les Allemands accusèrent aussitôt les civils de ce meurtre ». 

Une question ! Que sont devenus ces corps ? 

10 Allemands furent officiellement enterrés dans le cimetière militaire de Corroy. Il s’agit probablement des 10 Allemands blessés et décédés après les combats au couvent des sœurs françaises, suite à leurs blessures. Schmitz et Nieuwland T3 P196
Et les autres ? Il s’est avéré qu’à Oret comme à Biesme, comme à St Gérard et Ermeton-sur-Biert, les Allemands d’une façon très organisée, incinérèrent volontairement leurs frères d’armes dans des granges et dans les maisons afin de cacher les lourdes pertes que l’histoire pouvait retenir, mais aussi les soustraire à la vue des troupes qui suivaient les soldats de première ligne.  
À Oret, la grange de Joseph Hastir au Tienne de Biesme servira à cette triste besogne. Son fils Arthur a toujours gardé en mémoire d’avoir retrouvé les restes métalliques d’uniformes de soldats dans les cendres de la grange. 
Au centre de Biesme, la grange de Vital Massin et une habitation à Wagnée servirent de fours crématoires improvisés : en fait foi également, la quantité de boutons, boucles de ceinturons et fers de chaussures retrouvés dans les décombres (archives de P Gerard de Biesme).
Les faits restés dans la mémoire des habitants, se retrouvent sur toute la ligne du front, ce qui laisse croire qu’il s’agissait d’une pratique courante obéissant à des ordres. 
Concernant Wagnée, les Allemands iront encore plus loin, puisqu’au moment de réaliser le cimetière et de faire des pierres tombales différentes pour les français et les allemands, ceux-ci sans la moindre gêne, inverseront le nombre de morts Français et Allemands afin que ces chiffres soient à leur avantage et digne de leur victoire. Nous en reparlerons. Stratagème qui fonctionnera parfaitement puisque l’histoire retient encore aujourd’hui qu’au cimetière de Wagnée  reposaient 170 Allemands et 285 Français (voir Schmitz et Nieuland T3 P196).
Il est donc impossible aujourd’hui de chiffrer les pertes allemandes.

Pièces métalliques clouées sur les bottes allemandes. C'est ce genre d'objet que retrouvaient les habitants dans les cendres des habitation

A Oret, les Allemands mettent en place une opération « de nettoyage » dès la nuit du lundi dans le village en feu. C’est ainsi que le mardi matin plus aucun cadavre allemand ne se trouvent dans les rues du village. L’objectif est psychologique : préserver le moral des troupes qui montent vers le front, mais aussi politique : dissimuler à l’opinion publique les énormes pertes de cette guerre : les morts devenant de cette façon des « disparus ». 

Un incident qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques va ainsi arriver : dans une grange, le corps d’un soldat allemand qui n’a pas été trouvé et enlevé de la nuit est découvert mardi dans l’après-midi par des soldats. Les allemands soupçonnent tout logiquement les civils de l’avoir tué ! 
Témoignage (lien)

Un témoignage très intéressant de la comtesse Anne de Villermont d’Ermeton nous éclaire sur l’organisation allemande dès la fin des combats. Extrait de mes souvenirs de guerre :

« Les Allemands mettaient un grand soin à ce que nous ne voyions pas leurs morts. On enterrait la nuit ceux qui étaient morts dans le château »
« les Allemands jetèrent beaucoup de leurs morts dans les maisons en flamme ».

A Maison Saint-Gérard, même scénario. Récit du curé de Maison :

« Lundi matin, lorsque je me rendis compte que les Allemands descendaient vers Lesves, je descendis ; arrivé dans la vallée (le fond de Saint-Gérard) je trouvais des ambulanciers allemands de la croix rouge qui ramassaient des blessés. C’étaient des Français. On ne voyait plus de blessés allemands ni même de tués ; ils avaient jeté les cadavres dans les meules et les maisons incendiées. On y a retrouvé quantité de boutons, ossements et autres objets leur appartenant.» 

Jules Petit, curé de Lesve :

A plusieurs reprises, les Allemands déchargèrent leurs armes dans notre direction, ma conviction est qu'ils ne voulaient pas nous atteindre mais seulement nous effrayer parce qu'ils avaient des blessés et des morts aux environs de la ferme d'Hérrente et qu'ils ne voulaient pas que nous puissions les voir.

 

Lorsque les villages étaient conquis pas les troupes d’assaut, arrivaient d'autres troupes, des soldats des trains de combat qui avaient pour tâches de nettoyer et sécuriser les zones, Chaque maison était donc fouillée afin de s’assurer qu’aucun soldat ou armes ne s’y cachent. 

Ainsi le baron von Hodenberg, du 100e grenadiers du  XIIe corps, note ses impressions à Rethel, quelques jours après son passage dans notre province. Il écrit :

« La discipline va baissant de plus en plus. Eau-de-vie, vin et pillage sont à l'ordre du jour. La faute en est à l'infanterie. Ce sont les troupes des trains de combat qui se comportent le plus mal »

(Schmitz et Nieuwland T5 P10)

Ces soldats à la discipline relâchée se livrèrent au pillage systématique et à de nombreuses exactions tout à fait gratuites, comme le signalent les témoignages suivants :

Stave : 

« Entrée des troupes allemandes lundi 24 à11H00. Un groupe de soldats se mit en devoir d’enfoncer les portes fermées et de fouiller les maisons.
Le lendemain vers 8H00, départ des premières troupes. Passage d’autres régiments vers 14H30, ces troupes arrivant de diverses directions tirent des obus sur un coin du village, détruisant plusieurs maisons, puis pénètrent dans les rues en tiraillant et incendiant les immeubles ».
Récit du curé de Stave

A Furnaux, c’est le même scénario : les premières troupes allemandes  arrivent le matin du 24. Le 25 après leur départ des troupes plus violentes entre dans le village :

« Le mardi après-midi arrive un nouveau régiment avec drapeau et musique militaire. Plus brutal encore que celui de la veille. Les affaires commençaient à se gâter le mercredi après-midi par suite de leur « soûlerie », lorsque ces troupes furent rappelées dare-dare pour marcher contre le front russe et partirent sur le champ. 

Biesme, l'abbé Baisir :

« Ils pillèrent déjà quelques maisons mais pas comme après »

La comtesse de Villermont écrit :  

« Je pense que si les cruautés allemandes ont été moindre à Ermeton qu’à Surice, à Spontin et ailleurs, c’est que nous avons eu la chance d’avoir à faire à la Garde Impériale, régiments commandés par la haute aristocratie et sans doute moins brutaux que les autres. L’un des fils de l’Empereur, Eitel, se trouvait là et le colonel d’Eulenbourg ne passe pas pour un homme cruel. Si nous avions eu affaire aux régiments qui sont passés à Dinant, il y aurait eu plus de massacres ».

 

La recherche des disparus :

Après la fin de la guerre, de nombreuses familles écrivirent à l’administration communale de Biesme dans l’espoir de retrouver leurs proches disparus.
Certains efforts furent récompensés :
 
Le 17-9-1922 :

« Je voudrais assister à l’exhumation du capitaine inconnu du 136e (tombe C-37). Chaque année, je reçois la dame du capitaine Peslin du 136e  ainsi que ses enfants. D’après les relevés, il tomba grièvement blessé dans les combats entre Biesme et Oret. Il s’est dépouillé lui-même de tous ses effets personnels pour être remis à sa femme. Voilà pourquoi il fut relevé comme capitaine inconnu. Son frère  capitaine au 41e assistera à l’exhumation. Nous avons du reste toute la conviction que c’est le capitaine Peslin qui repose dans cette tombe. »

Formellement identifié par la famille, cet officier qui fut tué aux Bruyères près la maison Defresne, repose aujourd’hui à la Belle-Motte dans la tombe 1267. 

Cliquez pour découvrir la fiche personnage du Capitaine Peslin

D’autres recherches n’aboutirent pas 

Recherche concernant le capitaine Auzat :

Châtelet, 28 Janvier 1920 
«Je suis chargé par une famille française de rechercher la tombe d’un de ses parents : le capitaine Charles Auzat, du 25e d’infanterie, abandonné blessé le 23 août à la lisière du bois de Wagnée.  J’ai visité le cimetière de Wagnée mais n’ai rien découvert. Pourriez-vous avoir l’amabilité de me faire savoir si vos archives ne renseignent pas le nom de ce capitaine comme ayant été soigné  à Biesme où il serait mort par la suite ?
Une équipe de soldats français est chargée d’ouvrir les fosses communes et de tâcher d’identifier les restes des inconnus. Cette équipe travaille déjà ici et passera prochainement pas Biesme. Voulez-vous être assez aimable pour m’envoyer un petit mot pour m’avertir de l’arrivée de cette équipe chez vous et du jour où elle compte ouvrir la fosse de Wagnée car je désirerais être présent.
Fidèle Lhoost rue de Namur 81 Châtelet.»

Lettre concernant la recherche du Capitaine Auzat

 

Recherche concernant le sergent-major Louis Roquelaure :

Paris 17 janvier 1919    
Monsieur,
Au moment de la bataille de Charleroi, mon frère, le sergent-major Louis Roquelaure du 3e tirailleurs algériens est tombé mortellement blessé et a été inhumé sur le territoire de votre ville (Biesme-Oret), d’après les renseignements de source allemande qui m’ont été donné par le Ministère de la Guerre français. Je vous serais donc très reconnaissant de bien vouloir me faire savoir si parmi les noms relevés sur les tombes, celui de mon frère vous a été signalé, afin que je puisse, lorsque le moment sera venu, faire revenir son corps sur Paris.
G Roquelaure 27 rue de la Jonquière Paris 17e .

 

Recherche concernant l'adjudant Félix Mathieu du 7e Régiment des tirailleurs algériens :

J’ai l’honneur de vous prier de me faire savoir si parmi les sépultures des soldats français inhumés sur votre territoire, il ne s’y trouverait pas celle de feu mon mari, l’adjudant Mathieu Félix du 7e tirailleurs indigènes (Constantine Algérie) lequel mortellement blessé au combat d’Oret Wagnée Stave le 23 aout 1914 puis transporté au FeldLazareth allemand, y serait décédé le 30 août d’après l’autorité allemande qui nous a fait parvenir sa plaque d’identité n° 343…

Fiche de décès de Félix Mathieu 7e RTA Site du monument du Tirailleur Algérien à l'entrée d'Oret, près des Bruyères et de Wagnée

 

Le Cimetière militaire de Wagnée. Cliquez pour découvrir l'article

 
 
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